Appareils de renseignement et de guet aérien

Si le drone de surveillance est une solution d'avenir concernant le renseignement aérien, il ne permet pas de faire l'intégralité des missions. On a encore besoin de moyens de renseignements pilotés pour compléter la gamme d'intervenant mais aussi de drones avec de réelles capacités offensives pour certaines missions. 

 

Il ne faut pas cependant oublier les appareils de guet aérien avancé. Même s'ils ne sont pas nombreux, ils apportent une plus-value énorme dans les opérations aériennes modernes. On peut même quasiment dire qu'aucune opération aérienne majeure ne peut avoir lieu sans leur présence. Il est donc primordial d'avoir un nombre suffisant d'unités de ce type et dans une version correspondant aux besoins réels en terme de technologie. 

 

I) Les Escadrons de Reconnaissance Stratégique

 

Si le duo composé du drone tactique Patroller et du drone MALE européen Milan offre de solides capacités, cela ne sera pas suffisant pour toutes les missions. En effet, un appareil piloté est plus utile dans un certain nombre de situations car il peut servir de poste de commandement volant. Et les E3F sont trop peux nombreux pour être déployés uniquement pour servir de PC volant.

 

Quant aux C160G Gabriel, ils sont très utiles mais plutôt en fin de course. Il faut donc penser également à leur remplacement au sein de l'Escadron de Reconnaissance Électronique 1/54 Dunkerque (ERE 1/54). Ce dernier verra son parc renforcé puis renouvelé avec l'arrivée des Avions Légers de Surveillance et de Reconnaissance (ALSR) dont la DRM et la DGSE sont très demandeurs. C'est donc un total de 9 Beechcraft King Air 350 modifiés qui rejoindra la Normandie. Cependant, plus petit, les ALSR ne peuvent totalement remplacer les C160G. Pour cela, il faudra idéalement un appareil à très hautes performances apte à des missions HALE (Haute Altitude Longue Endurance).

Il y a une dizaine d'année, Thalès et  Grob Aerospace avaient envisagé une solution originale avec le G-600/G-600ER. Il était initialement prévu que l'industriel allemand fournisse la plate-forme qui utilisait le nouveau jet d'affaire G-180 comme base. Malheureusement, des soucis financiers n'ont pas permis de mettre en service le G-180. En effet, Thalès mettait en œuvre une série d'automatisme qui faisait du jet un drone pilotable.

 

Il n'y avait en effet besoin que de 2 membres d'équipages pour gérer le pilotage et les équipements de renseignement. En dehors des phases critiques soumis à la réglementation aérienne standard, les deux membres d'équipages pouvaient se relayer aux commandes de l'appareil depuis la cabine. Puisque le Grob G-180 n'est pas disponible, autant utiliser le Falcon 2000 qui devient le jet d'affaire le plus courant de l'armée française.

 

Je propose donc le développement du projet Condor par Thalès et Dassault Aviation à partir d'un Falcon 2000 modifié. Pour opérer les 6 exemplaires dont l'armée de l'air se porterait acquéreur, je recréée l'autre escadron historique du renseignement électronique aérien en France. C'est ainsi que l'Escadron de Reconnaissance Électronique 2/54 Aubrac (ERE 2/54) prendra ses quartiers sur la Base Aérienne 125 d'Istres-le-Tubé dont le rôle stratégique sera maintenu malgré la perte de l'escadron nucléaire.

 

II) Le Système de Détection et de Commandement Aéroporté

 

Depuis 1991, l'armée de l'air dispose d'AWACS. c'est le modèle E-3F SDCA (Système de Détection et de Commandement Aéroporté) d'origine américaine qui fut choisit. 4 exemplaires sont en service au sein du 36e Escadron de Détection et de Commandement Aéroporté (36 EDCA) opérant depuis la Base Aérienne 702 d'Avord. 

 

En service depuis 1991, les 4 E-3F seront remplacés vers 2030-2035. Au vu de l'évolution technologique, il est actuellement trop tôt pour savoir quel appareil civil pourrait servir de cellule. La première des questions sera l'avion porteur. Au vu des dimensions de l'E-3F et des appareils les plus récents, les appareils Airbus les plus probables seraient l'A320Neo, l'A350 et l'A330 MRTT.

III) L'Alerte Avancée Embarquée

 

Si l'armée de l'air utilise le lourd SDCA, la marine nationale a besoin d'un appareil plus petit pouvant être utilisé depuis un porte-avions. C'est la Flottille 4F opérant depuis la Base Aéronavale de Lann-Bihoué qui arme les 3 E-2C Hawkeye acquis auprès des États-Unis entre 1999 et 2004. Ce parc de 3 E-2C est malheureusement insuffisant , puisque en 2015, le Charles de Gaulle n'a pu disposer que d'un seul exemplaire. Il est donc clair qu'il faut un minimum de 4 appareils pour garantir la disponibilité de 2 exemplaires pour une mission.

 

Avec 2 porte-avions dans mon programme, je recommande ainsi l'achat de 6 E-2D Advanced Hawkeye à l'horizon 2025-2030 pour véritablement garantir une disponibilité minimum sur toute l'année de 2 appareils. Bien entendu, c'est conditionné à la commande d'ici 2025 des deux porte-avions en question. En tout cas, il faudra au minimum 4 appareils et cela reviendrait bien trop cher de développer notre propre machine. Là, le pragmatisme dit qu'il faut commander en dehors de l'Europe malgré tout.