Appareils de surveillance et de patrouille maritime

le nombre d'appareils réellement utilisables pour les missions de surveillance maritime et de patrouille maritime est en très net recul. C'est une erreur stratégique monumentale.

 

En effet, avec la 2e zone économique exclusive au monde, la France a plutôt intérêt à investir de manière importante mais pragmatique dans la protection de son espace maritime. Cela impose par conséquent un renouvellement progressif mais constant de l'ensemble de la flotte PATMAR/SURMAR.

 

I) la Patrouille Maritime

 

Dans les années 1990, la France a acquis 28 Breguet Atlantique ATL2 qui sont largement à la hauteur malgré une motorisation ancienne (ce sont les mêmes moteurs que le Transall C-160). Sur les 28 appareils d'origine, seulement 12 à 15 exemplaires vont bénéficier d'une modernisation leur permettant de rester en service jusqu'en 2030 environ. Cela fera environ 40 ans de service. On pourra difficilement en demander plus à des cellules qui seront fatiguées.

 

Je préconise donc de lancer le programme de l'Avion de Patrouille Maritime de Nouvelle Génération (APM-NG) dès 2020. Il s'agira d'avoir un appareil bien plus performant vers 2030. Je préconise l'acquisition de 15 APM-NG qui opéreront depuis la Base Aéronavale de Lann-Bihoué au sein de la Flottille 21F ou de la Flottille 23F, le choix définitif n'étant pas encore fait.

Si je ne détaille pas plus, c'est qu'il y a des choix stratégiques à réaliser. En effet, même si les équipages des actuels Atlantique 2 préconiseraient sans doute de rester sur la même formule du gros biturbopropulseur, il n'est pas dit que ce soit la meilleure des solutions. Je propose donc deux possibilités plutôt fictives à l'heure actuelle :

  • Un Airbus MPA sur base A320 plutôt que sur base A319 comme proposé par l'industriel
  • Un plus fictif Dassault Albatros qui serait une version totalement rénovée de l'Atlantique 2

Le Dassault Albatros est une version profondément revue de l'actuel Atlantique 2. Extérieurement en vol, on peut le différencier par une nouvelle motorisation (dérivée du TP400 équipant l'A400M) et un bulbe plus discret à la place du dôme radar noir. Même si c'est moins visible, il faut également noter qu'il est un peu plus long que son prédécesseur. Pour ma part, je suis partisan de l'Albatros plutôt que de l'Airbus MPA. Par contre, il demandera sans doute un programme plus long et plus couteux. Selon son niveau de modularité et donc de capacité de modernisation, il pourrait rester en service entre 30 et 40 ans.

 

II) la Surveillance Maritime

 

Autant la situation des appareils est suffisamment bonne pour avoir le temps de voir venir dans le domaine sensible de la patrouille maritime, autant la situation est dramatique en surveillance maritime. En effet, il n'y a pas assez d'appareils en service qui plus est, certains sont en plus à bout de souffle. Il est donc urgent d'investir.

 

En effet, avec sa Zone Économique Exclusive qui est la deuxième au monde, la France va devoir investir pour éviter de voir ses ressources pillées en toute impunité faute de contrôle. Et c'est en outre-mer bien entendu que les besoins sont les plus criant vu que la ZEE métropolitaine ne représente que 3% de la ZEE totale française qui dépasse les 11 millions de km².  

 

 A) Le Corps des Garde-Côtes

 

Avec la création d'un Corps des Garde-Côtes, on peut dire que la marine nationale n'aura plus à assurer le remplacement de ses EMB-121 Xingu pour ce qui est de la surveillance maritime. Il faudra également s'assurer du remplacement définitif des F406 Caravan II qui appartenaient quant à eux aux douanes. Il est à noté que la Cour des Comptes a rendu un rapport très négatif concernant la gestion de ce dossier. 

 

Le nouveau Corps des Garde-Côtes mettra en service un total de 16 Beechcraft King Air 350ER pour assurer l'ensemble des missions. Ce sont donc 8 appareils supplémentaires qui seront mis en service. Ils seront plus orientés SURMAR que les ex-appareils des douanes. De ce fait, je nommerais "POLMAR" les ex-appareils des douanes afin qu'il soit possible de bien les identifier dans l'explication ci-dessous. 

 

Sur les 16 appareils, il y a 11 appareils basés en métropole sur 3 sites différents. On a 2 bases ultramarines qui accueillent les 5 exemplaires restant. Cela donne le format suivant : 

  • La Base de Surveillance Aéro-Maritime du Havre (76) avec 1 KA350 POLMAR et 1 KA350 SURMAR
  • La Base de Surveillance Aéro-Maritime de Lann-Bihoué (56) avec 1 KA350 POLMAR et 3 KA350 SURMAR
  • La Base de Surveillance Aéro-Maritime de Hyères (83) avec 2 KA350 POLMAR et 3 KA350 SURMAR 
  • La Base de Surveillance Aéro-Maritime de Dzaoudzi-Pamandzi (976) avec 2 KA350 POLMAR
  • LBase de Surveillance Aéro-Maritime de Fort-de-France (972) avec 2 KA350 POLMAR et 1 KA350 SURMAR 

 

C'est l'absence d'avions de patrouille ou de surveillance maritime de la marine en Méditerranée qui explique entre autre le fait que la base varoise dispose du parc le plus important. Quant à la nouvelle base mahoraise située donc à Dzaoudzi, sa mission principale sera d'assurer une véritable surveillance sur l'ensemble du canal du Mozambique et non simplement d'aider  à la lutte contre l'immigration clandestine venant des Comores voisines.  

B) La marine nationale 

 

Dans la mesure où elle partage maintenant la mission de surveillance maritime avec le nouveau Corps des Garde-Côtes, la marine nationale va pouvoir concentrer ses moyens sur un seul type d'appareil. Comme officiellement prévu avec le programme AVSIMAR (avions de surveillance et d'intervention maritime), un seul modèle serait commandé pourremplacer à la fois les Falcon 200 Guardian et les Falcon 50 actuellement en service. 

 

Le modèle officiellement choisi est donc le Falcon 2000 MRA/MSA qui est une version militarisée du Falcon 2000LXS. Correctement équipé, ce serait à mon sens un excellent choix avec une autonomie annoncé d'environ 4000 milles nautiques (soit 7400 km).

 

Par contre, j'envisage une unité supplémentaire et donc de porter le programme à 14 unités afin de réellement pouvoir faire face aux besoins. Je pense également que le calendrier manque d'ambition avec un retrait non totalement compensé des Falcon 200 Guardian en 2024-2025. L'unité supplémentaire serait donc à faire livrer en 2024-205 afin de ne pas faire descendre le parc sous les 12 machines.

 

La modernisation du parc de la Flottille 25F est donc très urgente. Couvrant les vastes ZEE de la Nouvelle-Calédonie et de la Polynésie Française, il est donc officiel que sa flotte actuelle de 5 Falcon 200 Guardian sera retiré du service d'ici la fin 2025. Il faudra les remplacer par 5 nouvelles machines. Dans le cadre d'un dispositif plus permanent, je pense également qu'il serait judicieux de lui confier le nouveau détachement de la Réunion. C'est donc au total 7 Falcon AVSIMAR qui seraient au final confiés à la 25F pour couvrir l'ensemble de l'Océan Indien et de l'Océan Pacifique. Ce n'est pas énorme mais déjà mieux que la situation actuelle.

 

La métropolitaine Flottille 24F bénéficierait d'une modernisation puisqu'elle recevrait également 7 Falcon AVSIMAR qu'elle utiliserait essentiellement depuis la Base Aéronavale de Lann-Bihoué (56). Elle armerait cependant un détachement permanent à Cayenne qui est, entre autre, partie prenante dans la sécurisation des lancements depuis le Centre Spatial Guyanais.  

 

C'est un dispositif assez conséquent mais absolument nécessaire à moyen terme pour rester crédible dans le domaine de la police en mer. Encore faudrait-il pouvoir intercepter les contrevenants ! Mais c'est un autre sujet que je développerais dans les forces navales.