Drones d'intervention et de surveillance aéroportée

Avec 65 exemplaires environ de 3 modèles différents, les drones de surveillance aéroportée devraient logiquement prendre de l'importance dans l'armée française.

 

Cette première catégorie ne regroupe que des drones chargés principalement d'une mission de surveillance. Classiquement, ils sont peu ou pas armés selon la taille et les capacités de l'appareil. Ils sont cependant extrêmement utiles aux armées pour les missions de renseignement de part leur endurance.

 

Pour maximiser les capacités, un Centre d'Instruction et d'Expertise Drone (CIED) interarmes sera créé. Il remplacera l'Escadron de Drone 1/33 Belfort (ED 1/33 Belfort) sur la Base aérienne 709 de Cognac - Châteaubernard. La mission du CIED sera la formation pratique initiale des pilotes et des mécaniciens de tous les drones à voilure fixe. Les effectifs seront modulés en fonction des disponibilités en matériel. Logiquement, ce sont 6 drones tactiques et 4 drones MALE qui devraient opérer depuis la base charentaise. 

 

I) Drones MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance)

 

Pour les drones, le programme majeur du point de vue technologique est sans nul doute la question du drone MALE. Actuellement, la France est très en retard. Elle ne dispose que de 6 des 12 MQ-9 Reaper dont il est prévu l'acquisition dans le cadre de la LPM 2014-2019.

 

Utilisés de manière assez intensive depuis fin 2013, les actuels MQ-9 Reaper vont user assez rapidement leur potentiel. Il faudra envisager sans doute dès 2025 leur remplacement. En tout cas avant 2030 pour les premiers exemplaires livrés directement au Niger fin 2013.

 

A) Le programme EuroMALE 

 

Pour se faire, un programme européen appelé EuroMALE a fini par être lancé par l'Allemagne, la France et l'Italie. C'est le groupe européen Airbus qui aurait la maitrise d'oeuvre avec le français Dassault Aviation et l'Italien Alenia Aermacchi comme principaux partenaires. Je donne le nom de Milan à l'appareil qui sera l'aboutissement ultime de ce programme de développement stratégiquement ultra-important.

Là, mon cahier des charges est très ambitieux. Il s'agit en effet de pouvoir concurrencer à l'export le futur General Atomics Avenger (ou Predator-C) et non l'actuel MQ-9 Reaper (ou Predator-B) du même constructeur. Le premier choix technique sera la propulsion où la solution à deux réacteurs me semble la plus sûre pour un appareil qui commence à être relativement couteux.

 

Le reste du cahier des charges est très proche. Le drone fera donc de 8 à 8,5 tonnes de masse maximum au décollage. Sa vitesse maximum devrait dépasser les 700 km/h avec une autonomie entre 16h et 20h. Il devra également être doté d'une soute modulaire et de pylônes amovibles lui permettant de transporter jusqu'à 2,5 à 3 tonnes d'équipement et/ou d'armement.

 

B) La 33e Escadre de Reconnaissance (33e ER)

 

Avec un effectif prévu de 22 drones Milan, il devient impossible de maintenir l'ensemble des appareils sur la Base de Cognac. Surtout qu'un maximum de places possibles sera nécessaire pour la formation.

 

La solution la plus pragmatique serait de recréer la 33e Escadre de Reconnaissance sur la base Aérienne 133 de Nancy - Ochey qui compte déjà la 3e Escadre de Chasse sur Mirage 2000D mais qui doit passer sur drone de combat Effraie. La base lorraine deviendrait alors progressivement la base de référence pour les drones.

 

Progressivement, l'actuel Escadron de Drone 1/33 Belfort (ED 1/33 Belfort) retira du service les drones MQ-9 Reaper au rythme de 2 drones pour 3 drones Milan livrés. L'évolution sera très progressive puisqu'il faudra former de nouveaux pilotes. La 33e Escadre devrait recevoir au final 18 drones qui seront répartis en 2 escadrons. chaque escadrons recevra donc 9 Milan soit 3 systèmes (1 par escadrille). Voilà donc le nouveau format de l'escadre :

  • L'Escadron de Reconnaissance et d'Attaque 1/33 Belfort (ERA 1/33)
  • L'Escadron de Reconnaissance et d'Attaque 2/33 Savoie (ERA 2/33)

II) drones tactiques

 

Dans le domaine des drones tactiques, c'est bien logiquement l'armée de terre qui se doit d'être à la manœuvre. Et là, le remplacement de deux systèmes de drones était à prévoir via les programmes SMDR et SDT.

 

Le premier programme est donc le SMDR (Système de Mini-Drone de Renseignement) qui visait le remplacement de la capacité de renseignement au contact. Là, c'est le très bon Spy'Ranger de chez Thalès qui a remporté la compétition. Avec sa petite rampe de lancement, il serait assez facile de mise en œuvre. Il offre en prime des performances supérieure au Tracker de chez EADS qui avait été choisi dans le cadre du programme DRAC (Drone de Reconnaissance Au Contact).

 

En tout, il est prévu jusqu'à 70 systèmes SMDR comprenant 1 station-sol et 3 drones chacun  pour l'armée de terre. Ce qui est une commande plus que conséquente. Reste à vérifier si les besoins ne sont pas supérieurs malgré tout.

Pour conserver une autonomie conséquente en matière de renseignement, l'armée de terre se devait surtout de remplacer les SDTI par un appareil nettement plus performant. Après plusieurs années d'hésitation, c'est SAGEM qui a gagné le contrat avec son drone franco-allemand Patroller. En effet, si c'est la société française qui assure la dronisation, le véhicule porteur est le motoplaneur S15 de la société allemande Stemme. 

 

Officiellement, le gouvernement français ne prévoit que 14 exemplaires répartis en 2 systèmes complet à 5 drones et 4 drones surnuméraires servant à la formation. C'est largement insuffisant dans la mesure où cela ne permet même pas le déploiement d'un seul système sur une opération extérieure en permanence. Si l'armée de Terre souhaite couvrir avec ses drones tactiques un théâtre d'opérations extérieures en permanence, il faut idéalement 4 systèmes pour une rotation correcte des personnels.On peut même alors utiliser 1 système pour des missions ponctuelles dans le cadre des opérations intérieures.

 

Il faut donc quasiment doubler la commande de drones tactiques qui passerait à 28 exemplaires soit 5 systèmes complets et 3 drones surnuméraires. Bien entendu, c'est le 61e Régiment d'Artillerie (61e RA) qui disposerait de l'essentiel du parc avec 22 drones. Il y aura donc 4 Batteries de Renseignement Aéroporté mettant en œuvre 1 système complet chacune.

 

III) drone de surveillance Maritime

 

Comme l'armée de terre, la marine nationale a besoin d'un drone tactique pour accroitre ses capacités de surveillance aéroportée. Mais la nécessité d'opérer depuis la plate-forme des nouveaux patrouilleurs (voir de frégates) oblige à des appareils VTOL plus réduits.

 

En terme de drone hélicoptère ou assimilable, c'est initialement le Camcopter S-100 de la société autrichienne Schiebel qui a été le premier testé à grande échelle à partir du Patrouilleur L'Adroit. Son concurrent le plus sérieux serait sans doute le convertible Eagle Eye de chez Bell Helicopters.

 

Cependant, leur taille très limitée, si elle permet de se déployer sur un grand nombre de plate-formes, limite la capacité opérationnelle. Ainsi, le Camcopter S-100 ne peut embarquer qu'une boule optronique ou un radar compact mais pas les deux. Je trouve cette limitation plutôt dommageable pour la marine.

 

Je pense donc que la marine nationale doit envisager d'avoir un appareil plus gros qui soit capable d'emporter deux capteurs en simultanée. Et là, Airbus Helicopters et DCNS font une proposition intéressante avec le VSR-700 dérivé de l'hélicoptère léger Cabri G2. Ce serait, à mon sens, le candidat idéal pour le programme SDAM.

 

Dans mon programme, il serait surtout utilisé comme "capteur déporté" pour les unités n'embarquant pas d'hélicoptères. Il s'agirait alors principalement des Patrouilleurs de Surveillance et d'Assistance Hauturière de classe Nivôse. Mais la force de guerre des mines les utiliserait également à partir de ses Corvettes de Lutte Anti-Mines de classe Serpentaire en complément des drones de surface.

La taille plus importante du VSR-700 ne permet plus franchement son emploi à partir d'un navire reconfigurable comme les B2M. Pour ce genre de navires qui ont de vastes ponts modulaires et qui ne sont pas à la base des patrouilleurs, la solution la plus logique serait le mini-drone et donc une mutualisation avec l'armée de terre. Cette dernière va mettre en service le Spy'Ranger de chez Thalès qui a remporté le programme SMDR. Avec sa petite rampe de lancement, il serait assez facile de mise en œuvre. Pour la récupération, c'est la solution du filet dépliable qui est la plus sécurisante.

 

Ma nouvelle proposition comprendrait à la fois les deux modèles. Plus puissants, ce sont une quinzaine de drones SDAM type VSR-700 qui seraient opérés par la Flottille 36F basé en métropole. Pour ce qui est des SMDR de type Spy'Ranger qui seront commandés par système de 3 drones, l'affaire est nettement moins claire. En effet, leur taille leur permet pratiquement d'être rattachés au système de combat du navire. Malgré tout, on pourrait envisager qu'une unité administrative supervise les déploiements des systèmes.