Patrouilleurs hauturiers

Si la situation des navires de première ligne est assez contrastée avec l'arrivée de nouveaux navires (au compte-goutte et régulièrement modifiés ce qui a pour conséquence un manque de  rationalisation), elle est malgré tout bien meilleure que celle des patrouilleurs. C'est simple, l'essentiel de la flotte a plus de 25 ans de service actif, quand ils ont pas été déjà retirés du service depuis 2007.  

 

Sur les 10 patrouilleurs P400 mis en service entre 1986 et 1988, seulement 4 datant de 1987 sont encore en service . Les deux derniers seront retirés du service en 2020, probablement sans être réellement remplacés. Certains ont même été remplacés par des aviso A69 transformés en patrouilleurs de haute mer alors qu'ils sont plus anciens (mis en service entre 1980 et 1984 pour les unités encore en ligne).

 

Le Patrouilleur Austral Albatros a été construit comme chalutier (sous le nom de Névé) en 1966 (!!!) avant d'être racheté et reconfiguré en 1983. Il a quitté la Réunion, son port d'attache, le 19 mai 2015 en vue de son désarmement. En attendant l'arrivée d'un véritable remplaçant, c'est le patrouilleur le Malin, datant de 1997, qui bien que beaucoup plus petit et donc moins adapté, assure partiellement la relève.

 

Assez récent (1991), le patrouilleur Grèbe a été désarmé en 2010 avant d'être revendu en 2012 au Cameroun. Bien entendu, il n'a pas été réellement remplacé au vu des besoins. Même chose pour la Sterne qui était également unique dans sa classe et désarmée en 2009 (après 30 ans de service) sans remplacement. A mon avis, la série va continuer à la fermeture de la base de Bayonne avec sans doute le retrait du service des patrouilleurs de surveillance des sites Athos et Aramis.

 

Heureusement, il reste quelques unités récentes en service. Le patrouilleur Arago est un ancien bâtiment hydrographique mis en service en 1991 dans sa mission initiale. S'il est un peu lent avec seulement 12 nœuds, il a le mérite de n'avoir que 25 années de service actuellement. Même constat pour les 3 patrouilleurs type OPV54 que sont le Flamant, le Cormoran et le Pluvier. Datant de fin 1997, ils sont également quasiment les plus rapides avec 23 nœuds, seulement dépassés par les vieux Avisos A69 qui affichent un petit nœud de plus en vitesse de pointe.

 

Pour moi, un vrai patrouilleur hauturier est logiquement à minima doté d'un drone aérien de surveillance maritime. La seule exception réellement possible sera les futurs Patrouilleur Légers Guyanais. En effet, avec 21 nœuds en pointe et une autonomie de 12 jours, ils sont plutôt crédibles même si c'est assez léger. Ce sont les 2 seuls vrais nouveaux patrouilleurs.

 

En effet, et même s'ils sont relevés par des Bâtiment d'Intervention et de Souveraineté type MPV qui seront les véritables remplaçants des BATRAL, les 4 Bâtiments Multi-Missions (B2M) ne pourront pas être intégrés du fait d'une vitesse maximale à seulement 15 nœuds. Même chose pour le futur PLV (Polar Logistic Vessel), successeur de l'Albatros et de l'Astrolabe, que doit construire Piriou. Il est déjà seul, n'embarque pas d'armements et aucune vitesse maximum n'est annoncée.

 

Et que dire du programme BATSIMAR (Bâtiment de Surveillance et d'Intervention Maritime) actuellement non financé qui doit assurer le remplacement de l'ensemble de cette flotte. Car avec la 2ème Zone Economique Exclusive Mondiale, on a un besoin important de surveillance maritime. Les ressources potentielles sont tellement importantes en outre-mer qu'elles seront nécessairement pillées si on ne met pas les moyens nécessaires.

 

Pour moi, il faut donc envisager un total de 35 à 40 unités majeures de surface entre les destroyers, les frégates et les "vrais" patrouilleurs hauturiers. De ce fait, le format exact de la future force de patrouilleurs hauturiers est encore sujette à modification. C'est donc logiquement 18 nouveaux patrouilleurs hauturiers qui devront à minima intégrer la marine pour assurer l'ensemble des patrouilles.

 

Et encore, je prends en compte le fait que la gendarmerie maritime peut compléter le dispositif avec une petite quarantaine d'unités généralement plus côtières mais tout autant indispensables. Leur modernisation est cependant quasiment réalisée à l'exception des unités les plus lourdes. Les solutions techniques existent déjà pour la plupart pour remplacer facilement cette flotte au final pas si coûteuse que cela. Encore faut-il effectivement avoir le budget pour remplacer une flotte moins médiatique que  les grosses unités ?